La recherche en intervention précoce se concentre sur la surveillance, la détection et le traitement de petites zones où la population de tordeuses des bourgeons de l’épinette est relativement petite, mais en croissance (les points chauds), avant qu’une infestation se produise ou atteigne des niveaux épidémiques.

Il est important de diffuser les résultats. Dans le cadre de ce projet de recherche, le Partenariat pour une forêt en santé souhaite tenir tout le monde à jour sur le processus et les progrès du programme de recherche.

Mise à jour

Une infestation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette s’approche du Nouveau-Brunswick depuis la Gaspésie. La recherche est centrée sur des zones cibles dans le nord du Nouveau-Brunswick, où un programme d’échantillonnage détaillé permet de détecter les « points chauds » qui doivent être traités pour contenirr les populations de tordeuses des bourgeons.

L’infestation grave et non maîtrisée au Québec a gagné 1 million d’hectares de plus en 2018, atteignant plus de 8 million d’hectares (la superficie des forêts au Nouveau-Brunswick est de 6 millions d’hectares). Non seulement l’infestation grossit, mais elle se trouve à la frontière du Nouveau-Brunswick.

La surveillance montre que les populations de la tordeuse des bourgeons de l’épinette ont diminué au Nouveau-Brunswick. La zone qu’on prévoit traiter en 2019 diminue, passant de 225 000 hectares à environ 10 000 hectares, ce qui est très encourageant et laisse croire que l’intervention précoce is working. Les scientifiques croient que des ennemis naturels seraient les principaux responsables de cette diminution, mais des facteurs environnementaux ont également pu y contribuer. Toutefois, cela ne veut pas dire que la menace d’une flambée de la tordeuse des bourgeons n’existe plus, car l’infestation en Gaspésie se poursuit, juste à côté de la frontière avec le Nouveau-Brunswick.

Projets de recherche

Il est important de diffuser les résultats. Dans le cadre de ce projet de recherche, le Partenariat pour une forêt en santé souhaite tenir tout le monde à jour sur le processus et les progrès du programme de recherche.

La recherche en intervention précoce se concentre sur la surveillance, la détection et le traitement de petites zones où la population de tordeuses des bourgeons de l’épinette est relativement petite, mais en croissance (les points chauds), avant qu’une infestation se produise ou atteigne des niveaux épidémiques.

Voici sur quoi nous travaillons à l’heure actuelle

La stratégie d’intervention précoce (SIP) vise à interrompre ou à retarder l’évolution d’une infestation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette en ciblant les « points chauds », ou « épicentres », quand la densité des populations est encore très faible. L’hypothèse est que ces épicentres servent de sites émetteurs desquels migrent les papillons de TBE adultes, ce qui augmente les taux de recrutement dans les populations de faible densité environnantes et, ultimement, les population atteignent des densités qui excèdent les concentrations pouvant être régulées par des ennemis naturels.

Pour que la SIP fonctionne, nous devons combler plusieurs lacunes importantes dans nos connaissances:

  1. Quelle doit être la superficie des zones de traitement pour compenser l’incidence des papillons de TBE qui immigrent de sites d’infestation proches (p. ex., au nord de la limite du Nouveau­-Brunswick)?
  2. La SIP entraîne-t-elle des conséquences néfastes potentielles, en particulier pour les ennemis naturels de la TBE dans les zones traitées? La SIP a-t-il des effets positifs pour les habitats et la conservation?
  3. Comment peut-on déterminer les épicentres potentiels et prédire comment ils vont s’étendre?

Jusqu’à présent, la SIP semble fonctionner, notamment pour réduire les populations de TBE dans les parcelles traitées et éviter une défoliation grave et les approvisionnements en bois perdus qui en résulteraient.

Le programme de recherche est divisé en 10 projets constituants, décrits ci-dessous.

Chercheurs

B. Cooke (CFGL), J. Régnière (CFA), B. Sturtevant, H. Thistle, J. Charney, G. Achtemeier (USFS), R. Saint-Amant, Y. Boulanger (CFL)

Sujets de R et D étudiés

Mettre au point un modèle de prédiction de la dynamique des populations de TBE pour décrire les schémas spatiaux et temporels des infestations (dynamique locale et migration des papillons) et permettre l’essai de stratégies de gestion au moyen de simulations sur une plateforme de dynamique spatiale appropriée.

Chercheurs

D. MacLean (UNB), C. Hennigar (UNB), J. Gullison, A. Dick (MDRENB), L. Amos-Binks (FPL), U. Vepakomma (FP-I)

Sujets de R et D étudiés

Intégrer au SSD de la TBE les effets du contenu en feuillus sur la réduction de la défoliation par la TBE et un nouveau modèle de population de TBE qui permet de faire des prévisions pour la SIP. Raffiner l’heuristique et l’utilisation des parcelles opérationnelles dans la planification des parcelles qui seront traitées contre la TBE. Évaluer la défoliation et les réactions des arbres dans des parcelles au Québec et au N.-B. et établir des relations raffinées des impacts du SSD. Mettre au point de nouveaux facteurs de perte de croissance et de mortalité.

Chercheurs

G. Cormier (FPL), A. Willett (JDI), A. Morrison (FPL), L. Amos-Binks (FPL), R. Johns, M. Stastny, E. Owens (CFA)

Sujets de R et D étudiés

Effectuer des essais de pesticides (Btk et tébufénozide) et de phéromones dans le cadre de la SIP pour supprimer les populations de TBE. Déterminer des pratiques exemplaires pour l’application d’insecticides afin d’abaisser le coût d’une SIP à grande échelle et augmenter les possibilités d’application d’insecticides. Faire des essais sur les effets du moment de l’application, les taux d’application, le matériel, la résistance à l’entraînement par la pluie, l’espacement entre les trajectoires de l’aéronef, les conditions météorologiques, etc.

Chercheurs

D. Pureswaran (CFL), R. Johns (CFA), V. Martel (CDL), P. James (U. Montréal), E. Owens, M. Stastny, I. DeMerchant, J. Allison J. Bowden (CFA), C. MacQuarrie, J.-N. Candau (CFGL)

Sujets de R et D étudiés

Poursuivre les efforts de vulgarisation et d’engagement du public dans le programme Pisteurs de tordeuses. Utiliser la génétique pour évaluer la connectivité des populations parmi les sites. Fournir un modèle fondé sur la génétique de la capacité de dispersion effective. Évaluer si les populations de faible densité (p. ex., dans le sud du N.-B., en N.-É.) sont des populations indépendantes ou si elles sont en fait formées de la progéniture des migrants provenant de l’épicentre de l’infestation au Québec.

Chercheurs

M. Cusson (CFL), A. Smith (U. Guelph), E. Eveleigh R. Johns (CFA), V. Martel, P. Tanguay (CFL)

Sujets de R et D étudiés
Raffiner et améliorer les tests moléculaires spécifiques pour l’espèce afin d’aider à identifier les agents létaux de la TBE. Déterminer les taux de parasitisme et la composition parasitoïde des larves de TBE recueillies lors du volet efficacité de la SIP. Évaluer les concentrations de parasitisme et de charge pathogène dans les L2 des branches recueillies durant l’automne ou l’hiver. Mettre au point une version « de masse » simplifiée des tests.

Chercheurs

P. Silk, E. Eveleigh (CFA), L. Roscoe, P. Mayo, W. MacKinnon, G. LeClair, M. Williams, Gl. Forbes, M. Brophy, K. Burgess, R. Lamb (CFA)

Sujets de R et D étudiés

Vérifier l’hypothèse selon laquelle le nouveau mélange de cinq composantes de phéromones sexuelles de la TBE diminue considérablement la capacité de reproduction des populations sauvages de TBE à des densités modérées. Mettre au point une formulation attracticide à base du mélange des cinq composantes de phéromones sexuelles. Déterminer et élaborer des utilisations pour la phéromone mâle de la TBE.

Chercheurs

E. Emilson (CFGL), M. Stastny (CFA), M. Gray, S. Heard, K. Kidd, T. Linnansaari (UNB), R. Johns (CFA), L. Venier (CFGL)  

Sujets de R et D étudiés

Déterminer les répercussions des infestations de TBE et, inversement, effectuer des essais expérimentaux sur les avantages potentiels des traitements de la SIP sur le couvert forestier riverain et la végétation de sous-bois, les communautés et l’habitat riverains des oiseaux, la qualité de l’eau et le fonctionnement hydrologique des cours d’eau forestiers, la structure et le fonctionnement des réseaux alimentaires aquatiques et riverains, ainsi que l’habitat critique et la santé des poissons dans les cours d’eau forestiers.

Chercheurs

J.N Candau (CFGL), M. Stastny, E. Moise (CFA), J. Bowden, R. Johns, M. Rhainds, A. Roe (CFA)

Sujets de R et D étudiés

Améliorer les prévisions et la prise de décisions essentielles pour le succès de la mise en œuvre de la SIP dans des conditions ambiantes changeantes en établissant de meilleures prévisions sur le déroulement dans le temps du développement de la TBE (phénologie) et de meilleures prévisions de la performance et de la survie de la TBE dans le contexte des traitements de la SIP.

Chercheurs

U. Vepakomma (FPI), S. Haddad, G. Costanzo, D. Cormier (FPI), R. Johns (CFA), D. MacLean (UNB), D. Kneeshaw (UQAM)

Sujets de R et D étudiés

Mettre au point une méthode de détection de la défoliation généralisée, l’appliquer et la mettre à l’essai pour la défoliation par la TBE (défoliation actuelle et cumulative) et la mettre en œuvre en utilisant des données satellitaires publiques de moyenne résolution.

Surveillance et détection

La première étape pour gérer la tordeuse des bourgeons de l’épinette dans le contexte d’une stratégie d’intervention hâtive est de détecter et de surveiller les populations en croissance avant qu’elles n’atteignent des densités relativement élevées.

Les populations de tordeuse des bourgeons de l’épinette sont détectées et surveillées de plusieurs façons :

  1. Relevés aériens effectués en juillet pour détecter la défoliation au moment où les larves de la tordeuse des bourgeons de l’épinette qui se nourrissent font tourner les arbres au rougeâtre. Ces zones sont détectées par des observateurs en avion et tracées sur une carte pour définir les zones affectées par la défoliation.
  2. Surveillance terrestre effectuée pour détecter des signes de ravages de la tordeuse des bourgeons de l’épinette et la présence de larves de la tordeuse et d’autres cycles de vie comme des coques de nymphose. L’observation de tordeuses qui se nourrissent ou à d’autres cycles de vie serait une preuve de populations élevées (pour en savoir plus sur l’apparence de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, cliquez ici).
  3. Le piégeage de papillons adultes au moyen de diffuseurs de phéromones ou de lumière fournit des données de référence sur la densité des populations locales de tordeuse des bourgeons de l’épinette. Consultez notre carte pour des renseignements à jour.
  4. La collecte de branches pour y déceler des larves hivernantes fournit aux gestionnaires forestiers des prévisions sur la densité de la tordeuse pour l’année à venir, qui peut servir à estimer le degré de défoliation. Les scientifiques désignent souvent les larves hivernantes comme des larves de deuxième stade, ou « L2 ». Consultez notre carte pour des renseignements à jour.